Ce barbus mesure autour de 5 cm, les plus grands individus peuvent atteindre 6,5 cm. Le corps est beige rougeâtre avec trois taches noires. La première se situe à l'arrière de la branchie, la seconde sous la nageoire dorsale et la dernière au niveau du pédoncule caudal. Cette espèce est facilement différentiable du commun Puntigrus tetrazona par l'absence de barbillons.
Chez cette espèce, la femelle est plus grande que le mâle à l'âge adulte. Les femelles possèdent un abdomen plus rebondi que celui des mâles, elles sont généralement plus trapues. Cette caractéristique est exacerbée en période de reproduction. A contrario, les mâles sveltes ont des couleurs plus intenses, en particulier au moment du frais.
Le barbus nigro vit en groupe épars dans les zones peu profondes des ruisseaux à faible courant. Cette espèce est principalement herbivore. Elle se nourrit d'algues filamenteuses et de détritus.
Mâles et femelles frayent parmi la végétation à proximité des berges. Pendant cette période, les corps des mâles sont plus intensément colorés et leurs nageoires plus foncées. Un à deux jours après la ponte, les larves éclosent. Les alevins atteignent la nage libre rapidement, environ 24h après l'éclosion. La maturité sexuelle est atteinte à approximativement 3,5 cm.
Le « barbus nigro », Pethia nigrofasciata, anciennement Puntius nigrofasciatus, est un petit cyprinidé endémique au sud du Sri Lanka. Il est principalement originaire des bassins du Kélani et du Nilwala. Dans son milieu, cette espèce fréquente les cours d'eau clairs ruisselant à travers les forêts tropicales, jusqu'à 300 mètres d'altitude. Des populations ont été introduites à Mahaweli et à Ginigathena, toujours au Sri Lanka. Cette espèce facile à élever en captivité est populaire dans la passion aquariophile. Ses populations ont largement diminué dans une grande partie de son aire, suite à des récoltes intensives pour le commerce. L'exportation de cette espèce n'est pas interdite et la législation visant à réglementer l'exportation des poissons d'eau douce au Sri Lanka semblent comporter encore des lacunes. En Europe, les poissons disponibles dans le commerce aquariophile proviennent aujourd'hui de ferme d'élevage. Aujourd'hui, outre les risques causés par les captures, ce poisson est gravement menacé par des espèces envahissantes, en particulier le tilapia (Oreochromis mossambicus) et le pléco (Hypostomus plecostomus). Des mortalités occasionnelles de poissons ont été signalées suite à des rejets de déchets industriels et domestiques. La déforestation latente provoque l'envasement des lits des cours d'eau, ce qui dégrade ou détruit les sites de nidification et de frais. Globalement, cette espèce sensible à la qualité de l'eau semble disparaître conjointement à la destruction des forêts.