Ce poisson atteint une taille maximale d'environ 35 cm. Son corps est orné de nombreux appendices en forme de frondes ou de feuilles, qui ne servent ni à la nage ni à la préhension, mais constituent un camouflage exceptionnel le rendant quasi invisible parmi les algues. Sa coloration varie du vert olive au brun doré, souvent rehaussée de motifs transversaux, lui permettant de se fondre dans les forêts de kelp et les herbiers de posidonies. Contrairement à ses cousins hippocampes, il est dépourvu de nageoire caudale préhensile. Sa nage est faible et saccadée, assurée par de petites nageoires pectorales et dorsales. Une espèce sœur, le dragon de mer rubis (Phyllopteryx dewysea), a été décrite récemment dans des eaux plus profondes, se distinguant par sa coloration rouge vif et une morphologie légèrement différente.
Le dragon de mer feuillu est une espèce non migratrice, présentant une forte fidélité à son domaine vital. Les suivis télémétriques montrent que les individus occupent des territoires bien définis allant jusqu'à 5 hectares. Ses mouvements sont caractérisés par de courtes bursts de nage (vitesse moyenne de 2 à 17 m/h) entrecoupées de longues périodes d'immobilité (jusqu'à 68 heures). Il n'y a pas de rythme nycthéméral apparent dans ses déplacements. Pour optimiser son camouflage, l'animal se balance d'avant en arrière, imitant le mouvement des algues balayées par la houle. Cette stratégie le protège tant des prédateurs que de ses propres proies, qu'il approche sans être détecté. En raison de sa faible capacité de nage et de l'absence de phase larvaire très dispersive, l'espèce est particulièrement vulnérable à la fragmentation de son habitat. Carnivore spécialisé, le dragon de mer feuillu se nourrit exclusivement de petits crustacés planctoniques, principalement des mysidacés, ainsi que d'autres petits crustacés et larves de poiss
Le dragon de mer feuillu (Phycodurus eques) est un syngnathe marin emblématique, endémique des côtes tempérées du sud de l'Australie. Considéré comme l'un des exemples les plus spectaculaires de camouflage dans le règne animal, il mime parfaitement les algues et les laminaires grâce à ses appendices foliacés. Bien que classé « Préoccupation mineure » (Least Concern) en raison de l'absence de déclin quantifié à grande échelle, l'espèce fait face à des menaces locales croissantes liées au développement côtier, à la pollution et à la dégradation de son habitat. Des études génétiques récentes ont révélé l'existence de deux populations démographiquement indépendantes (Australie-Occidentale et Australie-Méridionale), nécessitant une gestion conservatoire distincte.