Le corps est très allongé et fin, avec de petites nageoires. La nageoire dorsale débute au milieu du corps et l’anale prend naissance juste derrière. Quatre paires de barbillons entourent la bouche, et le lobe médian de la lèvre inférieure ne forme pas de barbillon. La robe montre généralement 6 à 10 barres sombres irrégulières, et une grande tache quadrangulaire sombre occupe la moitié proximale de la nageoire caudale.
Pendant la saison du frai, il est possible d'observer chez les femelles un ventre plus rond, dans lequel on peut voir par transparence des ovules verts. Les femelles sont en moyenne plus longues que les mâles à maturité, avec un abdomen élargi. Des différences de comptage des rayons pectoraux ont été relevées entre les sexes, ce qui pourrait jouer un rôle lors des comportements reproducteurs.
C’est une espèce sociale mais discrète, surtout active au crépuscule et la nuit. Elle vit près du fond, où elle fouille le sable et la litière végétale pour se nourrir principalement d’invertébrés benthiques et d’algues ou de périphyton. Comme beaucoup de loches, elle adopte volontiers un rôle de “nettoyeur” en consommant les débris organiques accessibles. Elle est aussi capable de compléter sa respiration en captant de l’air. Sensible aux différences de pressions, ce poisson semble s'activer lors d'arrivées d'orages, ce qui permet d'être informé à l'avance du mauvais temps qui gronde.
L’espèce est ovipare et se reproduit en couple. Dans la nature, les œufs verdâtres sont déposés en grand nombre parmi les racines et les plantes flottantes. Le détail du cycle reste encore peu documenté, et la reproduction en captivité fait l’objet d’études afin de réduire la pression exercée sur les populations sauvages.
Pangio kuhlii est une loche tropicale d’Asie du Sud-Est très populaire en aquariophilie. L’espèce est originaire de Sumatra, Bornéo (Kalimantan), Java et de la péninsule malaise. Les adultes mesurent jusqu’à 10 cm (≈7 cm à la maturité) et présentent un corps anguilliforme vivement annelé, ce qui contribue à son attrait en aquarium. Les individus vendus sont encore en 2025 majoritairement issus de captures sauvages. Très peu étudiée, cette espèce semble en danger suite à la surexploitation dans son milieu naturel.