Ce poisson de petite taille atteint environ 80 mm. Son corps est fortement comprimé latéralement et sa morphologie générale imite parfaitement une feuille morte : il possède une bouche large et très protractile (pouvant représenter 60 % de la longueur de la tête), un filament mentonnier ressemblant au pétiole d'une feuille, et l'absence de ligne latérale. Sa coloration varie du jaune-orangé au brun, avec des motifs qui accentuent le camouflage et peuvent s'intensifier durant la période de reproduction. Les nageoires dorsale et anale sont longues, contribuant à la silhouette irrégulière d'une feuille. Chez les juvéniles, le développement est rapide : dès le 7ème jour après l'éclosion, la tête devient triangulaire et les mâchoires protractiles, et à 180 jours, ils sont morphologiquement identiques aux adultes, arborant déjà le filament caractéristique.
Les mâles et les femelles atteignent des tailles similaires (moyenne observée autour de 50-52 mm, avec des maxima de 73 mm pour les mâles et 82 mm pour les femelles). La différence principale réside dans le comportement reproducteur : le mâle assure la garde des œufs et des larves (soin parental), tandis que la femelle adopte un rôle défensif agressif pour chasser les intrus durant cette période. La coloration peut également s'accentuer chez les deux sexes lors de la reproduction.
Le poisson-feuille est un prédateur solitaire embusqué qui utilise un mimétisme sophistiqué. Il se laisse dériver lentement ou reste immobile, imitant une feuille morte tombée à l'eau, pour s'approcher de ses proies sans être détecté. Une fois à portée, il déploie sa bouche protractile avec une vitesse fulgurante pour aspirer sa proie (mécanisme de succion). Cette technique lui permet de capturer des poissons rapides et nectoniques, notamment des Characidés, qui sont moins vigilants au crépuscule ou
Le poisson-feuille amazonien, unique représentant du genre Monocirrhus, est un petit poisson prédateur remarquable par son mimétisme parfait avec une feuille morte à la dérive. Il est répertorié dans les bassins de l'Amazone et de l'Orénique, avec des occurences validées au Brésil, en Bolivie, en Colombie, au Pérou et au Venezuela. Il semble absent d'Equteur et des Guyanes. Bien qu'il soit fréquemment exporté pour le commerce international des poissons d'ornement en raison de son apparence, les prélèvements dans la nature ne constituent actuellement pas une menace majeure pour l'espèce, qui reste répandue bien que localement peu abondante. Sa taxonomie pourrait cependant être révisée, car il est possible que le genre comprenne plus d'une espèce cryptique.